Test : Batman Arkham City
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Nov07

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Test : Batman Arkham City

Sorti en 2009, Batman Arkham Asylum s’est imposé d’emblée comme un jeu d’action incontournable, grâce à une alchimie parfaitement dosée de castagne et d’infiltration. Comme le succès commercial et critique aura été au rendez-vous, les développeurs de chez Rocksteady et le scénariste Paul Dini ont joué la carte de la sécurité en planchant sur une suite plutôt… conventionnelle.

 

Jamais perdu, pour savoir où il faut aller : suivez le Bat Signal !

 

Rien d’étonnant lorsque l’on sait que les événements d’Arkham City se déroulent six mois seulement après les faits de l’épisode précédent. Mais plutôt que d’user à nouveau les bat-semelles du Dark Knight sur la caillasse de l’île d’Arkham, les développeurs britanniques offrent cette fois d’explorer une parcelle historique de Gotham, reconvertie en quartier haute sécurité pour criminels dérangés…

Du coup, finie la progression assez dirigiste et balisée du premier volet, car cette cuvée 2011 des aventures de Batman permet de s’aventurer assez « librement » dans un pénitencier à ciel « ouvert », cinq fois plus vaste que l’île d’Arkham. Alléchant non ? Toutefois n’allez pas imaginez que la demi-douzaine de quartiers du vieux Gotham puissent rivaliser en terme de superficie avec le Liberty City de Grand Theft Auto IV.

En effet, grâce à son bat-grappin l’homme chauve-souris a vite fait de se rendre d’un bout à l’autre de la ville en empruntant la voie des airs afin de limiter les mauvaises rencontres avec une population carcérale peu avenante. Cependant en se bornant à jouer les filles de l’air et en accomplissant uniquement les quêtes principales qui visent à infiltrer les QG des super-vilains, le joueur passe alors à côté de bon nombres de missions secondaires. En sus de voler au secours d’innocents prisonniers tabassés par des criminels sans pitié, le justicier doit résoudre une quantité astronomique de puzzles et énigmes du Riddler éparpillés dans Arkham City, aider Bane à retrouver les cuves de sérum Titan ou pister Gueule d’Argile, Deadshot et Zsasz. Des quêtes annexes, certes, mais en définitive indispensables, puisqu’en plus de booster l’efficacité des bat-gadgets ou les techniques de combat du Dark Knight, elles rallongent la durée de vie – déjà conséquente par défaut – de la campagne solo d’Arkham City.

Les bat-gadgets sont nombreux mais n'ont pas tous une utilité en plein combat !

 

Mais attention, même en améliorant la résistance de son armure, Batman reste une proie de choix pour les ennemis équipés de fusils d’assaut ou les tireurs isolés. Comme dans le premier épisode, il faut se faire aussi discret qu’une ombre et anticiper les déplacements des ennemis. Faute de camouflage optique, le joueur doit donc passer le plus clair de son temps à l’affût sur une gargouille ou dans un conduit de ventilation afin de mettre hors d’état de nuire un homme de main isolé. A quelques occasions, le titre impose de se jeter dans la mêlée et d’attaquer de front une vingtaine d’opposants armés jusqu’aux dents. Durant ces phases de castagne, sacrément intenses – et un brin confuses -, le joueur doit désarmer en priorité les ennemis équipés d’armes à feu, puis esquiver ou parer les attaques adverses portées par des poings rageurs ou autres objets contondants ou coupants.

Voici une vue d'ensemble d'Arkham City, soyez terre à terre, pensez à bien fouiller les ruelles.

Gare aux crises de nerfs ! L’énergie vitale de ce gros lourdaud de Batman ne pouvant être régénérée pendant les confrontations (sauf à quelques occasions…), il n’est pas rare de le voir tomber à terre lamentablement… alors qu’il tentait d’étourdir un ennemi à l’aide de sa bat-cape. Frustrant ! Une faute revenant à une caméra assez contraignante, qui affectionne les plans rapprochés lors des combats.

Dans ces conditions impossible de voir qu’un ennemi hors champ se prépare à attaquer à l’aide d’une arme à feu. Si le manque de résistance de Batman agace, que dire de Catwoman ? En effet, elle a beau être plus agile et plus rapide, la femme « cougar adepte du fouet et du latex » encaisse encore moins bien les coups et les tirs infligés par des ennemis misogynes et sans scrupules. Du coup, difficile de ne pas rechigner à incarner la fragile donzelle à chaque fois que le scénario l’impose. Dommage, car ce nouveau personnage jouable ne manquait pas de charme.

Catwoman, cette donzelle s'apprécie vraiment mieux en figurine... la voici dans sa livrée cartoon.

 

Enfin achevons ce tour d’horizon des regrets et autres frustrations en précisant que la gestion des collisions est assez énervante. Si le périple à travers les toits de Gotham/Arkham City rappelle parfois Assassin’s Creed, les mécaniques de gameplay s’avèrent en revanche surannées. Voyez par vous même !

Malgré une prise en charge de la physique qui se veut assez poussée, le jeu ne permet pas de faire chuter un simple ennemi d’un toit. Même en en l’acculant au bord du parapet et en lui assénant une série de coups surpuissants l’adversaire supposé tomber en contrebas est retenu par une paroi invisible… rageant.

Comme le dit si bien l'adage, plus on est de fous... plus on donne de coups.

 

Heureusement du point de vue purement esthétique et artistique Arkham City réalise un quasi sans faute. Sur Xbox360 le moteur du jeu (Unreal Engine 3) est capable d’afficher à perte de vue un Arkham City au bord du chaos, qui regorge de rues ou ruelles sombres et glauques, grouillant d’ennemis féroces sans jamais faire faiblir l’animation. Un régal pour les yeux !

Les décors intérieurs comme les extérieurs sont complexes, dotés de textures fines, variées, et l’on passe d’un quartier de la ville à un autre sans jamais subir de temps de chargement à répétitions. Sympa. Enfin grâce à des thèmes musicaux aussi prenants que ceux de Danny Elfman et des doublages en VF extrêmement soignés, les cages à miel des joueurs ne peuvent que s’écouler de bonheur.

Pour terminer, précisons que le jeu a cédé encore une fois à la mode de la 3D. Inutile de posséder ou d’investir un téléviseur 3D compatible 120Hz ! En effet, pour accéder à cet effet de relief, il suffit d’acheter une paire de bésicles anaglyphiques de chez Trioviz via le site web du constructeur.

Gardez toujours un oeil sur les ennemis en employant une sorte de vision thermique.

 

Le cas Catwoman

Le scénario Catwoman qui vient s’intégrer dans l’aventure de Batman est accessible via un code à usage unique. Faites une croix dessus si vous achetez le jeu d’occasion et n’obtenez pas mille points de succès sur votre Gamertag Xbox live… à moins de passer à la caisse via la case DLC !

Notre avis : Techniquement plus abouti, plus riche en challenges, Batman Arkham City est une digne suite à l’action intense, quoique parfois confuse, qui devrait ravir une nouvelle fois les batfans. Un indispensable au pied du sapin !

Testé sur Xbox 360.