Avis : Black Mirror 2

Après un premier épisode centré sur les coulisses de la politique, changement total de registre pour la deuxième partie de ce qui constitue une mini anthologie sur le pouvoir de l’image. 15 Millions de Merits nous entraine dans un futur proche absolument terrifiant.

 

La science fiction a souvent été un moyen de parler du présent.

Notre présent est marqué par la montée en puissance de divers phénomènes : tout d’abord les réseaux sociaux, qui sont devenus très présents voir envahissants. Facebook et consorts vous encouragent de partager vos moindres faits et gestes. Mais que ce passerait-il si ces partages devenaient obligatoires ?

De la même façon, les jeux vidéo évoluent. On est passé d’un loisir de vrais joueurs à une activité facile, ou la manette n’existe plus et où, ici encore, vous ne jouez plus dans votre coin.

Enfin, avec la télé réalité, une bonne partie de la jeunesse rêve plus de devenir célèbre et de passer dans la petite lucarne qu’à se révolter contre le système et créer de nouvelles utopies.

 

15 Millions of Merits se nourrit de ces trois tendances pour nous livrer une vision du futur peu réjouissante.

On y suit le morne quotidien de Bing, dont la vie se résume à peu de choses :

- regarder une télé (en payant pour passer les pubs) dont les programmes sont soit idiots, soit pornos soit de la télé réalité façon Incroyable Talent.

- Pédaler dans une sorte de ferme de vélos d’appartements, sans aucune vue sur l’extérieur. Chaque coup de pédale donne des points qui servent à acheter les programmes de télé débiles ou de la nourriture « bio ».

- passer le peu de son temps libre dans une chambre qui n’est qu’un écran de télé interactif avec une interface façon Kinnect.

 

Mais la vie de Bing  change le jour où il croise le chemin de Abi, une jeune fille qui partage le même type d’existence.

Cependant, Abi a un don :une jolie voix qui lui laisse l’espoir de participer à Hot Shot, un programme de télé réalité dont le billet d’inscription est hors de prix.

Totalement cynique, et sans espoir sur notre avenir, ce second Black Mirror est peut être encore plus réussi que le précédent.

 

Ce qui peut apparaitre comme une dérive, nous le vivons déjà, plus ou moins. Et la double conclusion de cet épisode est aussi amère qu’implacablement logique.

Avec peu de moyens, la réalisation arrive à faire vivre ce futur de façon brillante et visuellement très forte. A la limite, on pourra faire un peu la moue sur les pseudos images de synthèse des jeux vidéos.

Mais pour le reste, c’est de la SF intelligente car elle parle de notre présent. Bien jouée, bien filmée, et qui donne sérieusement à réfléchir…

Décidément cette mini série anglaise tient toutes ses promesses.

Notre avis