Avis : Kingdom Builder

Quand le créateur de Dominion sort un nouveau jeu, on est forcément curieux. Kingdom Builder n’a pas grand chose à voir avec le jeu de deck building de son géniteur. Il risque même de déstabiliser par sa relative simplicité.

 

Dans Kingdom Builder, votre but est, oh surprise, de constituer le meilleur royaume.

Mais attention, ce n’est pas forcément le plus grand, le plus majestueux, mais celui qui rapporte le plus de points en fin de partie.

 

Le jeu se déroule sur une carte divisée en hexagones où l’on trouve différents types de terrains ainsi que des villes et des lieux importants.

La carte se constitue en assemblant 4 tuiles géantes, parmi 8 fournies dans la boite. Chaque tuile n’offre pas les mêmes combinaisons de terrains et surtout, les lieux n’y sont pas les mêmes.

 

Le déroulement est assez simple : chaque joueur dispose de 40 petites maisons de couleurs qu’il va devoir placer du mieux possible sur la carte. Pour cela, à chaque tour, il tire une carte lui indiquant sur quel type de terrain il doit poser 3 maisons. Cependant, il est obligé de poser à proximité d’une case du même type de terrain où il dispose déjà d’une maison.

 

Si une maison touche un lieu, le joueur récupère l’un des deux pions posés dessus. Ces pions sont des pouvoirs, utilisables une fois par tour. Selon le lieu, ils permettent par exemple de poser un pion de plus sur un type de terrain défini, de déplacer un pion, de prolonger une ligne de pions etc…

Le jeu s’arrête à la fin du tour où l’un des joueurs a posé tous ses pions. A ce moment là, on compte les points.

 

 

Cependant, d’une partie à l’autre, les moyens de scorer ne sont pas les mêmes. Si placer un pion à proximité d’une ville rapporte toujours 3 points, d’autres conditions de victoires vont être prises en compte. A cet effet, trois cartes de personnages sont tirées aléatoirement en début de partie.  Il en existe dix,  allant du bonus de point pour quiconque touche une montagne à des choses plus élaborées comme avoir le plus de pions dans un quadrant de la carte, aligner un maximum de pions ou relier des villes et lieux les uns entre les autres.

Les personnages associés aux pouvoirs des lieux donnent donc un paquet de combinaison qui assure à Kingdom Builder une très grande re-jouabilité. Les chances de tomber sur deux parties identiques sont vraiment très faibles.

La simplicité de Kingdom Builder est inversement proportionnelle à son apparence. Alors que le jeu à cette apparence austère et complexe du jeu « à cubes » allemand, il se joue très simplement et rapidement. Une bonne demi heure suffit à boucler une partie et à donner envie d’en en enchainer une deuxième.

Car ce concept simple est redoutablement efficace. Ce n’est clairement pas un titre pour gros joueurs mais il faut un minimum de jugeote pour bien sortir.

Toutefois, le fait de ne piocher qu’une carte par tour peut être un peu frustrant, obligeant à davantage miser sur l’opportunisme que sur de la stratégie à l’état pure. Ce coté aléatoire de la pioche peut même devenir assez pénalisant pour les joueurs les plus poissards.

 

Tout comme dans Dominion, les interactions entre joueurs restent relativement limitées. En fait, c’est surtout à 3 ou 4 joueurs qu’elles vont survenir, essentiellement en se bloquant les uns, les autres. Vu que plusieurs extensions sont prévues, sans doute quelques ajouts viendront combler cette faiblesse, par exemple avec des pouvoirs permettant de bouger des pions d’un autre joueur.

Un mot également sur la traduction qui touche au désastre avec des tournures de phrases improbables et une grosse erreur dans les règles. Heureusement, il y a très peu de texte et on peut se débrouiller avec la règle anglaise.

Bref, Kingdom Builder n’est sans doute pas le jeu de l’année, mais c’est un produit distrayant, facile à expliquer et à jouer. En attendant de nouvelles tuiles et personnages (la première extension Nomads est déjà annoncée), il constitue une bonne alternative entre le jeu apéritif et le gros jeu.

 

Kingdom Builder, un jeu pour 2  à 4 joueurs de 8 ans et plus. En « français » chez QueenGames

Prix : env 40 euros

Durée d’une partie : 30-45 minutes

 

 

Notre avis :