Avis : The River 1-2

Malgré les bides artistiques de Falling Skies et de Terra Nova, Steven Spielberg s’intéresse toujours aux séries télé. Sa troisième production de la saison 2011-2012 est sans doute la moins médiatisée, mais est aussi la moins décevante.

 

 

THE RIVER épisodes 1 et 2

 

Attention, cet avis comporte quelques légers spoilers concernant les épisodes en question.

 

Mélange entre Nicolas Hulot et le commandant Cousteau, le Docteur Emmet Cole a écumé les coins perdus de la planète pour en montrer les merveilles lors d’une émission télé qui a fait sa gloire pendant 25 ans. Au cours de ses périples, il était souvent accompagné de sa famille, son fils et sa femme, et filmait aussi son quotidien à la façon d’une télé réalité.

Mais Cole a disparu quelque part en Amazonie et n’a pas donné de nouvelles depuis plus de six mois. Alors que sa famille, restée aux Etats-Unis s’apprête à faire définitivement à abandonner, une nouvelle piste apparait via la balise de secours de l’explorateur dont le signal vient d’être capté. Clark Quietly, l’ancien producteur de l’émission flaire le bon coup et monte une nouvelle expédition filmée avec le fils et la femme du disparu.

Ensemble ils partent dans la jungle, remonter l’Amazone pour retrouver l’explorateur disparu. Rapidement, il vont être confrontés à bien plus qu’il n’étaient venus chercher.

Tiens, ABC a remis Lost à l’antenne ? Telle est la première pensée qui devrait traverser l’esprit des téléspectateurs de The River. Les ressemblances sont trop nombreuses pour être fortuites.

Le plus gros défaut de The River est sans doute ce coté déjà-vu. Certes, il est difficile de faire une série feuilletonante, de surcroit un peu horrifique sans utiliser quelques grosses ficelles (comme une tête de poupée qui tourne), mais ici, on a un peu l’impression de revoir les premiers épisodes de Lost. Même types de plan pour la menace dans les arbres, mêmes scènes de progression dans la jungle, cachoteries entre personnages et bien sur, ressentiments et flashback du coté de la famille d’explorateurs.

Bien sur, la série essaye de trouver son propre ton, notamment sur la forme puisqu’il s’agit de l’émission faite autour de la seconde expédition. Tout est filmé via des caméras à l’épaule ou celles du bateau sur lequel se déroule la majorité de ce double épisode. Néanmoins, on sent bien qu’il y a un montage par rapport à de simples rushs avec notamment des enchainements assez rapides de séquences surtout dans la première partie.

 

Malgré quelques têtes connues comme Bruce Greenwood (le Capitaine Pike de Star Trek) dans le rôle de l’explorateur, Leslie Hope (Madame Bauer dans 24) dans celui de la mère ou Paul Blackthorne (la série télé Dresden Files), le cast est relativement passe partout et prévisible. Il en va de même pour le semblant d’intrigues parallèles (en gros un peu de ressentiment familial, une vague amourette avec la fille du caméraman lui aussi disparu). Heureusement, le « family drama » n’est pas trop envahissant comme il pouvait l’être dans Terra Nova.

Ces deux premiers épisodes passent relativement bien, évitant trop de lourdeur sans pour autant être passionnant. Au moins, ils évitent le trop plein de remplissage, façon Lost. Le fait que cette saison ne dure que 8 épisodes n’y est sans doute pas étranger. Mais il est possible qu’en cas de succès la série revienne pour une seconde saison.

La série essaye surtout de nous intriguer, voire de nous faire peur. Malheureusement, elle n’y arrive pas.

 

Déjà, au bout de deux épisodes on a déjà l’impression qu’il y a une formule : l’expédition avance et tombe sur un esprit/malédiction de la semaine qu’il faudra combattre/apaiser. Bien entendu, on n’échappe pas à quelques figures imposées comme le responsable de la sécurité qui complote dans le dos de tout le monde, le producteur qui flaire le bon filon etc…

Si l’idée du Found Footage est plutôt originale, elle est affreusement mal traitée et peu à propos. Les caméras semblent apparaitre toujours dans les angles utiles à l’histoire, mais en revanche personne ne pense à utiliser les enregistrements pour par exemple distinguer ce qui a attaqué l’expédition lors de sa découverte du bateau.

Ajoutons d’ailleurs le réflexe débile et malheureusement inhérent au genre du caméraman qui préfère filmer la bestiole qui va l’agresser plutôt que de fuir ou donner un coup avec sa caméra.

 

On rajoutera de grosses ficelles comme la fille du mécano qui ne parle pas la langue mais qui vient blablater des trucs sur la magie, les dieux et les fantômes, ainsi qu’une assez mauvaise gestion du mystère. Dès le pilote, il est clairement établi que le mystère de The River tourne autour de la magie. Peut-être aurait-il été plus adroit pour le suspens de maintenir le doute entre plusieurs hypothèses.Pour l’instant, la série donne surtout le sentiment d’assister à une énième histoire de maison hantée transposée dans la jungle.

 

De même, pour une histoire sensée se passer dans l’Amazonie, la forêt a un petit coté cheap, et absent. En fait, la série est tournée à Hawai (comme Lost…) et ce qu’on y voit le plus c’est ce bateau rouillé qui pourrait très bien être à quai n’importe où aux US.

Reste malgré tout quelques moments de suspens qui pourront faire s’inquiéter les spectateurs les plus impressionnables. The River n’est pas une purge comme les autres productions Spielberg de l’année. Toutefois, on est très loin de Cannibal Holocaust !

Notre avis :