Avis : Walking Dead S3
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Avis : Walking Dead S3

C’est la série la plus regardée sur le câble américain. Un succès publique énorme et grandissant de saison en saison. Pourtant, ce n’était pas gagné pour un show qui parle de zombies. Cette troisième saison restera pourtant celle de la désillusion.

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Le dimanche 31 Mars 2013, était diffusé aux US le dernier épisode de la saison 3. Ce fut un énorme carton d’audience (plus de 12 millions de spectateurs) mais aussi un grand moment de WTF ! Après avoir orchestré une montée de tension interminable pendant la moitié de l’année, cette troisième année se termine par un gros pétard mouillé, au sens propre et figuré.

Attention spoilers !

Il est conseillé d’avoir vu la série, ou lu le comics avant de lire ce qui vient.

 

Pourtant tout avait bien commencé. Dans sa première moitié, la saison 3 semblait avoir appris des erreurs de l’an dernier.

Les premiers épisodes, et tout particulièrement les 2 d’ouverture, se déroulent sur un rythme d’enfer, avec beaucoup d’action et de gore.

Walking Dead

 

Rick et sa bande ont erré pendant des mois, et trouvent enfin un refuge : une prison. Les fans du comics reconnaissent là ce qui reste le meilleur passage de la bande dessiné : la prison et l’arc du gouverneur.

Pourtant, la série ne va pas exactement coller à cet arc. Peu importe, l’exécution est plutôt correcte et les éléments se mettent en place tranquillement : Michone, Lori enceinte etc.

Il y a notamment de subtiles différences : Andrea et Michone commencent à Woodbury, ville de survivants menés par le Gouverneur. On nous présente quelqu’un de plus subtil que dans le comics, mais aussi quelqu’un de beaucoup plus excusable. Dans la première moitié de saison, le Gouverneur n’est pas un monstre et son altercation avec Michone sera plus soft que dans le comics.

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Et patatras, les épisodes avance et tout s’écroule.

Il y a tout d’abord le jeu des acteurs. On savait que Lori était insupportable. Et il y a eu  ça :

 

 

Vient ensuite un assaut tout foireux contre le Gouverneur. On est loin de l’horreur du comic. Rick en sort indemne, et le Gouverneur a peine amoché.

Le reste de la saison va être une « montée » de tension jusqu’à la confrontation finale entre les deux camps. Bref, on attend l’assaut de la prison (qui implique un tank dans le comics).

Et là, c’est le drame.

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Deux pauvres explosions, beaucoup de fumée et quelques coups de feu. La scène de combat épique, et surtout le massacre attendu n’a pas lieu.

Le dernier épisode de la saison est un anti-climax comme nous n’en avions pas vu depuis la fin de la première saison de Heroes.

Que s’est-il passé pour en arriver là ?

On peut penser que la série commence à avoir du mal avec ses limitations de budget. Malgré le succès, son budget diminue de saison en saison ! La construction de la prison a du couter une blinde, les hordes de zombies également. Du coup, pour faire des économies, il a fallu trancher dans le vif : prises uniques (d’où le « jeu » terrible de certains »), prépondérance des dialogues, scènes d’actions au rabais, remplissage etc.  Pire, on peut supposer que les contraintes financières justifient de se débarrasser de quelques personnages/salaires importants pour les remplacer par des gens moins chers.

The Walking Dead (Season 2)

 

L’autre explication probable, c’est la guerre en coulisse. Après Frank Darabont en saison 1, c’est Giuseppe Mazzara, son nouveau showrunner qui se fait virer en cours d’année. Il est fort possible qu’il ait un peu saboté le boulot avant de partir, ou qu’au contraire, son absence fut préjudiciable en seconde moitié de saison.

Il semble en tout cas que la présence de Robert Kirkman, le créateur du comics, en production ne soit pas synonyme de sérénité dans l’élaboration de la série.

En fait, le plus ennuyeux dans Walking Dead, c’est que la série dispose d’un fantastique matériel de départ, et elle le salope en l’adaptant avec les pieds et en procédant à des changements peu pertinents.

Contrairement à Game of Thrones, où les choses sont faites avec une certaines subtilité, ici les modifications sont grossières et rarement pertinentes.

Le Gouverneur version télé est par exemple une vaste blague. Celui du comics fonctionne très bien car il n’est montré que dans ses aspects monstrueux. En nous livrant son humanité, et en faisant un beau gosse, la série se plante.

Idem avec Tyrese, personnage essentiel du comics qui n’est ici qu’un gros nounours bien neuneu.

Merle et sa disparition bien menée est peut-être la seule satisfaction dans les nouveautés. Car pour le reste le traitement des personnages, réduits à des fonctions, leur développement est quasi inexistant ou grossièrement exécuté.

Pire, la série n’a aucune audace. Certes, elle y va assez fort sur le gore. Mais l’audace autour des personnages, leurs actes et leurs conséquences n’est pas là.

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Et la fin de cette saison n’ouvre pas de perspective très folichonnes pour la suite : on va retrouver nos survivants accompagnés de plus de vieux et d’enfants dans la prison avec un gouverneur et deux acolytes sur la route. Si c’est pour refaire du surplace comme avec la ferme, ça risque de bien faire bailler en saison 4.

A l’image de ses zombies, Walking Dead est une série mort-vivante. Elle avance, mais il n’y a plus personne aux commandes. Au fur et à mesure de sa décomposition, elle devient chancelante,et ses mouvements se font patauds. Si elle n’ingère pas un peu plus de matière grise, l’an prochain ce sera la chute.

Notre avis : 

Note : Ce post est le 1000e publié pour Geekxploitation.