Avis :The Musketeers E1
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Jan21

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Avis :The Musketeers E1

Ne pouvant compter sur une inépuisable fournée d’épisodes de Sherlock, la BBC puise à nouveau dans le répertoire des œuvres libres de droit en s’attaquant aux Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. Hélas, toutes les réactualisations ne se valent pas.

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Pendant que les français se passionnent toujours pour les aventures d’une naine ange gardien au ras des pâquerettes, ils se font piquer leur patrimoine par ces maudits anglais. En effet, The Musketeers est un pur produit de la BBC avec ses qualités et défauts. Il s’agit d’une relecture « modernisée » des Trois Mousquetaires, comprenez avec du cuir, de l’alcool, des personnages féminins pro-actifs et des héros djeuns.  Rassurez-vous, les britanniques n’ont pas poussé l’affront de reproduire le Paris de 1630 dans les rues de Londres mais à Prague, ville qui partage pas mal de points communs avec la capitale des froggys. Et c’est indéniable, niveau décors, ce premier épisode est hautement crédible.

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Tout commence avec un père et son fils : Alexandre d’Artagnan et junior, venant s’abriter pour la nuit dans une auberge. Hélas pour eux, l’établissement est attaqué par une troupe de mousquetaires masqués. D’Artagnan sénior y laisse la vie, mais son meurtrier a eu le temps de donner son nom : Athos. Et voilà que le jeune D’Artagnan fonce à la capitale pour aller régler son compte à ce mousquetaire.

Mais celui-ci n’est pas tout seul. Il a deux inséparables camarades : Porthos, un « bon vivant » incarné par un acteur métis (on vous a dit que c’était modernisé) et Aramis (un bellâtre qui se tape la Julie Gayet du moment, en clair la maitresse de l’homme le plus puissant du Royaume, Richelieu).  Malgré des performances correctes, on ne peut s’empêcher de penser que les trois lascars et d’Artagnan sont là plus pour leur physique que pour leurs qualités d’acteurs.

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Bien sur la revanche va tourner court, d’autant plus que notre gascon a un peu oublié la partie gas de ses origines. Il se fait piéger par Milady et n’est pas au niveau des trois mousquetaires réunis. Néanmoins, il va les aider quand Athos est accusé d’une attaque de diligence dans la campagne. Il est sans surprises innocent, car c’est Richelieu qui tire les ficelles en faisant passer certains de ses gardes pour des mousquetaires afin de les décrédibiliser aux yeux du roi et ainsi consolider son pouvoir.

Le scénario de ce premier épisode ne vole pas très haut. Cette histoire de faux mousquetaires qui incrimine notamment Athos peine à créer de la tension. On sait qu’il ne va pas être exécuté, tout comme on sait d’avance que d’Artagnan finira copain comme cochon avec ses trois acolytes.  Toutefois, l’introduction des personnages et des enjeux est plutôt bien faite, avec quelques pistes prometteuses notamment du coté de Milady. Espérons que cette série saura éviter le manichéisme absolu avec des mousquetaires irréprochables et un Richelieu vraiment très méchant.

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A ce propos, dans le rôle du cardinal Richelieu, on retrouve Peter Capaldi, le nouveau Docteur ! Il est parfait en méchant machiavélique ce qui augure de bonnes choses pour Doctor Who. Toutefois, pourquoi avoir affublé cet homme d’église d’une armure de cuir qui semble sortie d’un clip de métal ? D’ailleurs, par extension, les costumes sont pour la plupart ratés et anachroniques. Les mousquetaires ont des allures de cowboys et le roi de France a l’air d’un cosplayeur.

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D’un point de vue technique, la réalisation est plutôt posée, évitant les effets de style ou le sur-découpage. Du coup, les scènes d’action sont un peu bateau, et les combats à l’épée sont loin d’être impressionnants. En revanche, la musique est épique et bien choisie. Pour ce qui est des dialogues, le souci de modernité fait qu’ils sont le plus souvent désastreux. On assiste ainsi à un Tréville qui parle comme un commissaire dans Starky & Hutch (Porthos, Aramis, dans mon bureau, maintenant !) et c’est toujours un régal de voir des mots français écorchés par des acteurs tout ce qu’il y a de plus anglais.

Bref, ce premier épisode est loin d’être époustouflant ou révolutionnaire par rapport à son sujet. Mais il fait le travail et pousse à la curiosité pour la suite. Difficile pour l’instant de dire dans quelle direction va partir le show. Il peut tout à fait devenir l’équivalent d’un Ripper Street de Capes et d’épée ou un Merlin pour jeunes adultes attardés. Wait and See comme n’aurait pas écrit Alexandre Dumas.

 

 

 

Notre avis :