Avis : Doctor Who S8E1
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Août24

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Avis : Doctor Who S8E1

Après huit mois d’attente et une régénération qui nous a laissé sur notre faim, le retour de Doctor Who était très attendu. Ce début de saison est non seulement celui du douzième docteur, mais aussi d’une nouvelle série avec des intentions et un rythme différents de ce à quoi Moffat nous avait habitués.

 

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Doctor Who S8E1 Deep Breath

(Attention Spoilers)

Les épisodes post-génération sont toujours un exercice périlleux dans Doctor Who. Non seulement, il faut y accepter l’arrivée d’un nouvel interprète dans le rôle du docteur, mais ils doivent aussi influer une nouvelle direction pour la série, au risque de décontenancer les fans. C’est la troisième fois que la série moderne se frotte à l’exercice. Avec la transition de Nine vers Ten, nous avions eu un épisode fun où le docteur était endormi la moitié du temps et affrontait des aliens en pyjama dans la seconde moitié. Mais le docteur de Tennant était déjà présent héroïque, imprévisible et grande gueule. Le premier épisode de Eleven était pratiquement parfait : un conte de fée avec ce docteur très gamin et sa future relation déterminante avec Amy Pond.

Cette fois les conditions étaient différentes car le docteur n’a plus grand chose à voir avec 10 et 11. Après trois interprètes de plus en plus jeunes, place à Peter Capaldi, un acteur reconnu et « vétéran » qui est le plus vieux comédien dans le rôle (mis à part John Hurt). C’est toute la mécanique du show qui en est modifiée : impossible de le faire flirter avec une jeune compagnone, ou même courir partout comme ses deux prédécesseurs.

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Tout Deep Breath est construit autour de cette idée d’un docteur différent, et surtout de comment accepter qu’il est bien le même personnage, même s’il ne portera jamais de fez. Pour bien faire passer cette idée, l’épisode se place au niveau de Clara, qui comme le spectateur (ou plutôt la spectatrice venue à la série grâce à Tennant) ne sait plus s’il s’agit du même docteur, s’il n’est pas trop vieux, trop écossais etc. C’est assez malin de la part de Moffat qui avait utilisé plus ou moins la même approche avec le premier épisode de la saison 3 de Sherlock : se soucier des questions du téléspectateur tout en les évacuant d’un revers de main, non sans humour.

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Du coup, l’intrigue de l’épisode est un prétexte, un peu feignant. Cette histoire d’automates cousins de ceux entrevus dans l’épisode The Girl in the Fireplace n’est pas trépidante et met un peu trop de temps à décoller. L’épisode est un peu plombé par un faux rythme et quelques choix visuels un peu foireux. Les automates ont l’air de cosplayeurs du dimanche, et passée l’image sympa d’un T-Rex qui crache un Tardis, on se demande bien ce qu’est venu faire là un dinosaure trop timoré.

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Cependant, l’attraction de cet épisode est bien le 12e docteur et là, difficile de faire la fine bouche.  Ses deux précédents apparitions en Twelve le laissaient entrevoir, mais cette fois c’est sûr : Capaldi est le docteur, un sacré bon docteur. Mais très différent de ceux de la version moderne. A la fois un peu fou, dangereux, ambigu et incertain, il est un mélange du troisième et quatrième docteur.

Dans son écriture Moffat pourrait bien avoir pris le contre-pied d’Eleven. Là où Matt Smith campait un vieil homme dans le corps d’un jeune, Capaldi aparait comme un gamin dans le corps d’un vieillard. Petit regret toutefois sur cet épisode : aucun discours du Docteur comme quoi il est bien le docteur. Peut-être cela viendra-t’il un peu plus tard dans la saison quand ce docteur aura retrouvé son assurance perdue.

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Qui est exactement ce docteur ? Clara parviendra t’elle à l’aider à s’ajuster à cette nouvelle incarnation ? Voici sans doute les deux thématiques de l’année à venir, la quête de Gallifrey semblant pour l’instant très secondaire. Les références appuyées au visage de ce docteur déjà connu (puisque vu dans l’épisode à Pompéi) laissent à penser qu’il y aura quelque chose à découvrir du coté de l’ancienne ville romaine.

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L’autre thématique qui sera abordée au cours de la saison est une sorte de fil rouge dont l’extrémité semble très mystérieuse : le méchant de l’épisode est accueilli dans un « paradis » par une dénommée Missy, mi Marry Poppins mi-Cruella. Elle parle du Docteur comme étant son petit ami, et elle fait tout ce qu’il faut pour que Clara et le Docteur restent ensemble.
Qui est cette Missy ? Plusieurs théories s’affrontent, et toutes sont valables. Il pourrait s’agir du Master (Missy…Misstress..), de River Song dans son monde digital, de Rani (une Seigneur du Temps vue dans les années 70 et 80). L’hypothèse la plus farfelue, et donc la plus enthousiasmante est qu’il s’agit d’une Clara plus âgée et sans doute un peu rancunière envers le Doc. A voir dans les prochains épisodes même si la résolution n’aura lieu qu’en fin de saison.

Ce début de saison est donc prometteur, non pas pour ses qualités intrinsèques mais bien sur ce qu’il laisse entrevoir du 12e Docteur et du ton, sensiblement plus sombre que la série veut adopter. A confirmer dès le deuxième épisode qui essaiera de raconter quelque chose de neuf avec les surexploités Daleks.

Notre avis :